Le Besoin De Se Rassembler

par Sacha Jones

Qui aurait pu prévoir, de tous les problèmes à l'échelle mondiale que nous pouvions nous imaginer, qu'une pandémie dont les recommandations exigent qu'on évite de se voir et de se rassembler était pour changer notre vie en 48 heures? Tous les contacts humains, face à face, mis sur pause jusqu'à nouvel ordre.

Le rêve de l'introverti, l'angoisse de l'extraverti.

Mais au final, c'est seulement une fois qu'on réalise que tout est fermé, à quel point nous sommes dépendants un de l'autre. C'est seulement lorsque ton droit de sortir se fait brimer que tu réalises la richesse et la diversité des expériences qui s'offraient à toi dans un temps pré-apocalypse. Pour plusieurs, pouvoir rester chez soi et mettre tout sur pause se trouvait à être une certaine extase, un moment pour faire tout ce qu'on prend pas le temps de faire. Avec les jours qui suivent, cette euphorie laisse place à un lendemain de veille lorsqu'on réalise qu'une partie intégrale de l'économie et du bonheur est basée sur le contact humain et le besoin de se rassembler. Surtout, lorsqu'on réalise que pour certains, mettre sur pause expose une fragilité qui mène potentiellement à une disparition complète. Nous pouvons prendre réconfort dans le fait que nous avons nos besoins primaires comblés, que le gouvernement disent aidé ceux affectés à garder nourriture sur table et toit sur tête, et qu'on puisse compter les petits bonheurs; après tout la SAQ et la SQDC restent ouvertes.

C'est comme un congé forcé lors d'une tempête de neige: on imagine crier de joie les jeunes lorsqu'il a été annoncé que les examens du ministère était annulés. Si nos ancêtres sont allés à la guerre et que maintenant rester chez soi est un acte noble pour sauver des vies, sacrifier les rassemblements semble un choix facile.

Dommage que l'humain soit un être beaucoup plus complexe.


Un chien domestique c'est simple, tu lui donnes de la bouffe, de l'eau et tu le sors une ou deux fois par jour et il est passablement comblé. Pour l'humain par exemple, c'est une toute autre paire de manche. Il a des besoins de s'accomplir, se divertir, de connecter, socialiser. Finalement, tous les besoins plus élevés que ceux de base impliquent nécéssairement un rassembement sous une forme ou l'autre.

On nous dit que la technologie servira d'intermédiaire pour nous rapprocher, mais après une ou deux minutes à regarder un concert en Facebook live, on est déjà blasés. Après une séance de Skype avec nos proches, on sent que notre besoin de socialisation n'est pas encore totalement atteint.

On nous dit que le monde changera pour toujours après cette crise, difficile à savoir comment, mais une chose est certaine: la distanciation sociale n'est pas un plan durable.


D'ailleurs, ceux qui nous l'ordonnent ne le pratiquent pas eux mêmes. Peu importe la technologie à notre portée, qu'est-ce qu'un artiste sans public pour l'acclamer? Qu'est-ce qu'un café sans communauté? Qu'est-ce qu'un événement sans rencontres et interactions? Des produits inertes. Si tous les ordres qu'on reçoit de distanciation sociale installent une réticence face aux rassemblements dans un monde post-coronavirus, nous détruirons éffectivement un ingrédient essentiel à notre joie de vivre, et c'est à se demander lequel présente le plus grand danger pour une population à long terme. Après tout, le bonheur vient en donnant. Tout le reste devient utilitaire. Comment pouvoir donner le courage à ces industries de continuer à faire ce qu'ils font sans contact avec le public?

Au bout du compte, ce que ces personnes cherchent pour carburer, c'est une richesse sociale et expérientielle. Un courriel ne vaudra jamais le sourire d'un client. Une conversation vidéo ne remplacera jamais la chaleur humaine. Un casque VR ne remplacera jamais un bain de foule.

Ces petits plaisirs sont ce qui font en sorte que cette économie à échelle humaine reste viable. Ce n'est surtout pas l'argent et la facilité qui donne le goût à un restaurateur de rester ouvert malgré les tempêtes, mais de voir ses clients profiter de la vie sous ses yeux dans son établissement, là il y a une magie qui s'installe qui fait en sorte que tout les sacrifices en valent la peine. Évidemment, nous n'en sommes pas là et l'optimisme est toujours l'arme la plus forte face aux incertitudes. Ce qu'on espère plutôt est l'effet contraire: qu'à force d'être immobiles, nous allons vouloir profiter de la vie pleinement plutôt que de la prendre pour acquis.

À force d'avoir été contraints à regarder nos écrans pendant si longtemps, nous serons entièrement présents dans nos interactions sociales plutôt qu'avec un oeil sur nos notifications.

À force d'être confinés, nous prendrons enfin conaissance des personnes et des lieux qui maintiennent la qualité de nos vies. Et enfin, à force d'être des patates, nous réaliserons finalement ce que c'est d'être humain.

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